Only So Many To Go Around

English

This summer, I attended a 3-day workshop to make a RepRap, that is to say a 3D printer. We had the pleasure of meeting Adrian Bowler, the original inventor of the RepRap, and Josef Prusa, who designed the machine we built.
Adrian Bowler explained to us how he came to coin the term RepRap: he was looking for something short, simple and descriptive, like most business or product designers. He settled on Replicating Rapid Protoype and shortened it to RepRap, thinking it was a previously unused term… And as it turned out, he was wrong. Reprap is a term used in oceanography, and as it turns out, oceanographers are having a much harder time of it googling the term now, or providing visibility for their research.

Such are the challenges awaiting those who seek to name a brand or a product, and expanding internationally comes with its own challenges. This is when the services of translators might also come into play: they can be used as consultants to say if the name is already taken in a specific country, if it means something in the target language and if yes, what that means. For instance, Lush’s henna Caca rouge and Caca marron may well be a deliberate choice, and one suited to their target customers, but it would take a French-, Italian- or Spanish-speaking person a hefty dose of irony and trust for the brand to apply « poo » on their hair!

To borrow a conclusion from the great Terry Pratchett, as told by officer Carrot in The Fifth Elephant, “When you think about it, there are so many syllables to go around.”

Français

Cet été, j’ai participé pendant trois jours à un atelier de fabrication d’une RepRap, c’est-à-dire d’une imprimante en trois dimensions. Nous avons eu le plaisir de rencontrer Adrian Bowler, l’inventeur de la RepRap, ainsi que Josef Prusa, qui a conçu le modèle que nous avons construit.
Adrian Bowler nous a expliqué comment il avait choisi d’employer le terme de RepRap : il cherchait un nom court, simple et clair, comme la plupart des concepteurs de produits et d’entreprises. Son choix s’est finalement porté sur Rapid Replicating Prototype (Prototype de reproduction rapide), qu’il a abrégé en RepRap, pensant que personne n’avait utilisé le terme jusque-là… Il s’est avéré qu’il avait tort. On utilise le terme de RepRap en océanographie, et les océanographes ont désormais beaucoup plus de mal à avoir des résultats de recherche pertinents quand ils saisissent le terme sur Google, ou à donner de la visibilité à leurs recherches.

Tels sont les problèmes qui attendent ceux qui cherchent un nom de marque ou de produit, et l’expansion internationale apporte son propre lot de difficultés. C’est là, aussi, que des traducteurs peuvent apporter leurs services : ils peuvent servir de consultants pour dire si le nom est déjà pris dans un pays particulier, s’il signifie quelque chose dans le langage cible et si oui, quoi. Par exemple, les hennés de Lush dénommés Caca rouge et Caca marron ont pu faire l’objet d’un choix délibéré, s’appliquant parfaitement à leur cible, mais des Italiens, des Français ou des Espagnols auraient besoin d’une bonne dose de second degré et de confiance envers la marque pour s’en mettre sur les cheveux !

Pour finir, citons l’incomparable Terry Pratchett, qui fait dire à son officier Carrot dans Le cinquième éléphant que « quand on y pense, il n’y a pas tant de syllabes que ça. »

Italiano

Ho participato quest’estate, durante tre giorni, a un gruppo di fabbricazione di una RepRap, in oltre parole una stampante in tre dimenzioni. Abbiamo avuto il piacere d’incontrare qui Adrian Bowler, il creatore della RepRap, e Josef Prusa, il concettore del modello che abbiamo costruito. Adrian Bowler ci ha spiegato come è venuto a sceltere il nome di RepRap : cercava une nome breve, semplice e illustrativo, come la grande parte dei concettori di produtti e di ditte. Ha finalmente deciso di usare Rapid Replicating Prototype, abbreviato in RepRap, pensando che nessuno l’abbia utilisato. Se sbagliava… La parola è utilisata nell’oceanografia, e adesso gli oceanografi tengono difficoltà nel cercare il loro reprap su Google o a dare visibilità alle lore ricerche.

Tali son i problemi di cui che cercano un nome per la loro marchia o il loro prodotto. L’expanzione internationale contiene anche le sue difficoltà. Traduttori possono anche essere utili qua : possono essere cosultanti e dire se il nome sta già preso in un paese, si significa qualche cosa e cose evoca. Per esempio, i henne di Lush che si chiamano Caca rouge e Caca marron furono magari deliberamente scelti, però gli Italiani, Francesi o Spagnoli che le utilizzarono avrono una bella dosa di ironia e di confidenza per il marchio quando se le metterono sui capelli!

La conclusione sarà del grande Terry Pratchett, che fa dire a su officier Carrot in The Fifth Elephant che “quando se ne pensa, non ci sono tante sillabe da utilizzare.”

FOSDEM : LibreGraphics

Français

Il y a beaucoup de choses à dire sur la dernière édition du FOSDEM, qui s’est tenue à l’Université Libre de Bruxelles le week-end du 5/6 février… Je compte faire une série de posts sur la question.

Le FOSDEM est un bon endroit pour découvrir toutes sortes d’innovations. L’une des présentations éclair les plus intéressantes était un exposé sur LibreGraphics, un nouveau magazine pour les graphistes qui utilisent des logiciels open source.

Le magazine a une stratégie de promotion radicale : la moitié des exemplaires imprimés est donnée, gratuitement, à des fins de publicité. Évidemment, tout cela ne nourrit pas son homme, et l’équipe de rédaction sollicite également des dons sous forme directe (ils ont également fait un appel à texte et à des contributions diverses).

Il est intéressant de voir l’évolution des modèles économiques. Le mélange entre don à des fins promotionnelles et vente n’est pas nouveau, dans l’édition ou ailleurs. Mais proposer 50 % du nombre d’exemplaires en distribution gratuite représente une belle augmentation de la proportion habituelle, et je me demande si l’appel direct aux dons, d’un montant laissé à l’appréciation du donateur, va se généraliser.

Le magazine, en tout cas, vaut la peine d’être vu : http://libregraphicsmag.com. Le code-source est disponible sur Gitorious (modifié après le commentaire de Ginger Coons).

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English

There are many things to say about FOSDEM’s latest edition, which took place at ULB on February 5th and 6th – I intend to write a series of posts about it.

FOSDEM is a good place to find out about all sorts of innovation. One of the most interesting lightning talks was a presentation of newcomer magazine LibreGraphics, for graphic designers who use open source software.

The magazine has an agressive advertising strategy: half of the printed copies are given, free of charge, for promotional purposes. The team isn’t making a living out of it, of course. They asked for direct donation, on top of submissions and miscellaneous contributions.

It is interesting to see how economic models evolve. The combination of promotional gifts and selling is not new in publishing, or elsewhere. Yet, giving away 50% of the number of copies for free represents a hefty increase of the usual proportion and I wonder whether the call for direct donation, for a amount that donators are free to determine, is going to become a staple.

It is well worth checking out the magazine: http://libregraphicsmag.com. Source code is available on Gitorious (edited after Ginger Coons’ comment).
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Italiano

Ci sono tante cose a dire sull’ultimo FOSDEM, avvenuto all’Università Libra di Bruxelles nel 5/6 febbraio… Penso di farne una serie di articoli.

Il FOSDEM è ottimo per scoprire nuovi invenzioni e prodotti. Una delle migliore intervenzioni veloce fu une presentazione della nuova rivista LibreGraphics per i grafici che usano dei software open source.

La rivista tiene una strategia promozionale radicale: il mezzo del numero di esemplari imprimati viene data gratuitamente per farne la publicità. Va senza dire che la redazione non ha un salario, e sollicita anche dirette donazioni, oltre a testi e contribuzioni varie.

E’ interessante osservare l’evoluzione dei modelli economici. Combinare vendita e distribuzione gratuita non è una strategia nuova, che se fosse per l’edizione o altro. Ma offrire 50% del numero d’esemplari gratuitamente è una bella aumentazione della proporzione abituale, e mi chiedo se la domanda diretta per i donazioni (di una somma che il donatore scelte se stesso) va a generalizzare.

La rivista merita di essere vista: http://libregraphicsmag.com. Il codice fonte si può consultare su Gitorious (modificato dopo il commentario di Ginger Coons).

Dans l’ombre, les plumes guettent

Nombreux sont ceux qui ont une idée de livre mais ni le temps, ni la patience de se consacrer à l’écriture, ou encore les stars et demi-stars à qui un éditeur propose d’écrire leurs mémoires, mais qui n’ont aucune envie de s’astreindre à écrire plusieurs heures par jour. à l’inverse, beaucoup d’auteurs, de journalistes et de rédacteurs qui ne demandent qu’à écrire toute la journée contre rémunération. L’union serait idéale. Pourquoi ne pas les faire se rencontrer ? Tout le monde y gagnerait.

Naturellement, le nom qui serait mis en avant ne sera pas celui du gratte-papier, qui restera dans l’ombre, à travailler sans gloire. Un peu comme un esclave, quoi. Au dix-neuvième siècle, on appelait ces écrivains anonymes des nègres.

Le plus célèbre des « nègres », c’est Auguste Maquet, qui aurait écrit une bonne partie des oeuvres de Dumas (http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20100210.BIB0489/auguste-maquet-portrait-d-039-un-negre.html). Les premiers livres de Colette ont également été signés du nom de son mari, Willy, une célébrité à l’époque. La profession existe encore.

Reste le mot, gênant, dépassé : « nègre ». Les anglophones parlent de « ghostwriter » et n’ont donc pas la même préoccupation. Peut-on imaginer une nouvelle dénomination, qui reste claire et appropriée ?

On parlait parfois, dans l’édition, à partir du 18ème siècle, de « teinturier » : c’est celui qui donne du relief à un texte un peu plat. Le terme est joli, mais n’a pas tout à fait le même sens et ne peut donc remplacer « nègre ».

On peut penser à des expressions composées avec « plume » : oui, tout le monde écrit au clavier maintenant, mais ce n’est pas une raison. La plume, cela évoque la Littérature, des écrivains en chemise blanche, avec les cheveux poudrés, en train d’écrire des oeuvres de génie à la lumière de la bougie, dans une série de petits crissements entre la plume et le papier.

« Plume de l’ombre » : le plus proche du « ghostwriter », il montre la place discrète dévolue aux « nègres ». Les littéraires l’apprécient. Le terme évoque le secret, les romans d’aventure.

« Prête-plume » : parfois utilisé dans la presse, il évoque le porte-plume et la chanson Au clair de la lune.

« Rédacteur » : le plus business. Un homme d’affaires peut sans rougir dire à ses collègues qu’il a rendez-vous avec son rédacteur pour travailler sur son projet de livre. C’est aussi le plus sobre. Je n’ai jamais vu de contrat entre une maison d’édition et un « nègre » (j’imagine qu’il doit s’agir d’un contrat de prestation de services), mais cela semblerait le terme plus probable dans ce contexte, avec « auteur ». Le côté professionnel disparaît si l’on veut préciser l’anonymat et qu’on parle de « rédacteur masqué ». On peut se contenter d’être « rédacteur anonyme », voire « rédacteur en sous-main ».

De plus en plus, le « nègre » sort de l’ombre et son nom est cité à la page de garde du livre. Les éditeurs parlent alors de « métis ». On peut aussi se contenter du terme de « co-auteur » ou utiliser le terme extrêmement polyvalent de « collaborateur ».

Quelques liens pour en savoir plus :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nègre_(littérature)

http://www.lalettrine.com/article-18490632-6.html

http://www.lexpress.fr/culture/livre/les-negres-de-l-edition-s-affranchissent_849507.html

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A quill is lurking in the shadow…
Many people have a book idea, but not all of them have the time or the desire to actually sit down and write it. Many writers are willing to make a living writing. Isn’t the alliance of the two a match made in heaven?
Ghostwriting, as the process of writing a book for another is called, is a lucrative business and a common practice. “Ghostwriter” is all very well in English, but the French alternative (“nigger”) is slightly more distateful today… I suggest a few alternatives here, ranging from the literary to the technical – exploring all sorts of made-up phrases, from “penning in the shadow” and “mercenary penning” to the more self-explanatory “co-author” and “collaborator”.

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Une piuma fa la guardia nell’oscurità…
Gli inglesi dicono “ghostwriter” o “scrittori fantasma”, gli francesi dicono “scrittori negri”: Che politicamente incoretto! Probo di trovare alcuni sinonimi, tra fantasia letteraria e serio d’affari.

Can Art Be Dissolved in Capitalism?

Such was the title of a very serious debate at the Théâtre de la Colline, an institution for contemporary drama in Paris. Various writers were invited, including Michel Vinaver, a playwright and (former) CEO, and a fascinating example of a highly successful double life. He is hailed as one of the leading playwrights of his time and he has had a great corporate career, starting as a junior executive in Gillette to become the CEO for Gillette France.

He was the guest of honor, all the more that one of his plays was being performed at La Colline this month: Par dessus-bord, or how a fledging medium-sized company turned into a leading large corporation, with the help of some serious revamping and cutting-edge marketing. His fictional company was selling toilet paper, which evolved from a basic commodity into a luxury item renamed “Mousse et Bruyère” (Moss and Heather).

The debate started with the intervention of an eager host and of a young ambitious playwright who proclaimed Vinaver was “his brother”. Vinaver licked his lips and replied nothing.

‘I think there’s a more interesting way of putting it’ he said after taking notes in his moleskine notebook. ‘You should just reverse the question: Can capitalism be dissolved in art? I just think it’s more valid and more interesting.’

This being said, he proceeded to explain that art had existed much longer than capitalism, and that it would always worm its way in. He quoted one of the slogans of his fictional company: “Maintenant, chez nous, il y a Mousse et Bruyère” and announced that it was an alexandrine, or a 12-syllable verse, the epitome of classical verses in French poetry.

In short, it was a literature lover’s delight released upon unsuspecting masses.

If he had not said it, very few people would have guessed it; only some actors, who are well-versed in classical plays (usually written in alexandrines), can detect them by ear.

Would a marketing translator have picked it up?

Absolutely.

Marketing translation is as sensitive to content as it is to form. Snappy slogans? Compelling copy? Their work is more than technical translation, as it requires a sound knowledge of rhetoric. This is why it has been called transcreation, which is a bit more than ‘standard’ translation.

I wonder what translators would have done with the “Mousse et Bruyère” slogan. Would a British translator have crafted an iambic pentameter? Would an American translator have included a reference to Walt Whitman? Would an Italian translator have devised an alexandrine?
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L’art est-il soluble dans le capitalisme ?

Tel était le titre d’un débat très sérieux qui eut lieu au Théâtre de la Colline à Paris, institution du théâtre contemporain. Plusieurs écrivains avaient été invités, y compris Michel Vinaver, dramaturge et (ancien) PDG, illustration fascinante d’une double vie empreinte de succès. Il est reconnu comme étant l’un des meilleurs dramaturges de sa génération et il a eu une brillante carrière dans l’entreprise, faisant ses débuts en tant que cadre pour Gillette et devenant le PDG de Gillette France.

Il était l’invité d’honneur, d’autant plus que l’une de ses pièces était jouée à ce mois-ci à la Colline : Par-dessus bord, ou comment une entreprise de taille moyenne battant de l’aile s’est transformée en vaste corporation de premier plan, avec l’aide d’un grand ravalement et d’un marketing de pointe. Sa société fictive vendait du papier toilette, qui est passé d’un article de base à un achat-plaisir de luxe rebaptisé « Mousse et Bruyère ».

Le débat commença par l’intervention de l’animateur plein de bonne volonté et d’un jeune dramaturge aux dents longues qui proclama que Vinaver était son « frère ». Vinaver, lui, s’est léché ses lèvres sans rien dire.

« Je pense qu’on peut formuler la question de manière plus intéressante » dit-il après avoir pris quelques notes dans son carnet en moleskine. « Il suffit d’inverser la question : le capitalisme est-il soluble dans l’art ? Je pense qu’ainsi, la question est plus légitime et plus intéressante. »

Cela posé, il a expliqué que l’art existait depuis bien plus longtemps que le capitalisme, et qu’il trouverait toujours moyen de se frayer un chemin. Il cita l’un des slogans de sa société imaginaire : « Maintenant, chez nous, il y a Mousse et Bruyère » et annonça fièrement qu’il s’agissait d’un alexandrin, soit un vers en 12 syllables, le vers classique français par excellence.

En bref, il s’agissait d’un délice d’amoureux des lettres livré à une foule ignorante.

S’il ne l’avait pas dit, très peu de gens l’auraient deviné ; seuls certains acteurs, qui connaissent bien le théâtre classique (habituellement écrit en alexandrins) peuvent les détecter à l’oreille.

Un traducteur marketing aurait-il saisi la subtilité ?

Tout à fait.

En traduction marketing, il convient de faire autant attention au contenu qu’à la forme. Des slogans percutants ? Une copie de génie ? Le travail est bien plus que de la traduction technique, car il exige une bonne connaissance de la rhétorique. C’est pourquoi on l’appelle transcréation, soit un peu plus que la traduction « standard ».

Je me demande ce que les traducteurs de Vinaver ont fait du slogan de « Mousse et Bruyère ». Un traducteur britannique aurait-il fait un pentamètre iambique ? Un traducteur américain aurait-il inclus une référence à Walt Whitman ? Un traducteur italien aurait-il fait lui aussi un alexandrin ?

Et puis c’est tout !

« Et puis c’est tout » And that’s about it, full stop…

A short, striking phrase that could be used for advertising. Yet, there is a problem: it already is.

It is a phrase commonly used by Philippe Lucas, Laure Manaudou’s former coach. He rose to fame when she won the Olympics. He remained famous and even got his puppet in the very popular puppet show Les Guignols even when Manaudou took a break from the media. His puppet – sporting long peroxided hair like him and a much more gnarly face – always had definite opinions about everything and concluded every sentence by « Et puis c’est tout ! »

Les Guignols often use this type of catchphrase to make their characters identifiable and to create comic repetition. It is their job as entertainers, after all. Sometimes the line between public figures and their puppets become blurry, like the apple-obsessed Jacques Chirac puppet (who developped this urge to mention apples every other second after the real Jacques Chirac, then a candidate to presidency, was asked why there was an appletreee on the cover of his essay about France and blurted out « well, they’re good for you, and everybody should eat them ») or the agrammatical Johnny Halliday (the puppet begins every sentence by a meaningless « Ah que »; the real man apparently never said « Ah que » in his whole life).

In this case, though, puppet/person confusion was very useful for Philippe Lucas. He got a publicity deal with an energy provider and the ad just shows him and the slogan « Et puis c’est tout ».

The man almost has a trademark on it. Which means that using the phrase in another text may bring about some unwanted associations.

“I just work in localization, I don’t know shit about languages”

The Free and Open Source Developers’ European Meeting took place at Brussels this week-end at the Université Libre, hosting various conferences on a range of fascinating topics.

Was it a geek-only event? Far from it.

Language lovers could attend several presentations on the semantic desktop and the semantic web by programmers with a various degree of experience — including Kristof Van Tomme from Drupal, who has made the slides of his presentation on Drupal and the semantic web available here.

Axel Hecht from Mozilla gave a presentation about so-called l20n, or localization 2.0, the company’s project for integrating localization in website design (using XHTML5) and generally making everybody’s life easier, from programmers to linguists.

His talk focused mainly on the technical aspects of l20n, or to quote his own words, ‘I just work in localization, I don’t know shit about languages’.

Here are the main points of his contribution:

– current programming in the English-speaking world only takes the peculiarities of English into account, making life more complicated for linguists and programmers who need to take this into account when their forte is not languages;

– l20n aims at making life easier for programmers and linguists alike, by making it possible to take into account a variety of languages; code does not need to be changed at every translation to accommodate for linguistic variations

– these will be accounted for in libraries or galleries documented with a bundle of grammar rules. In the example given at the talk, there was a translation from English to Polish. 3 sentences were used as an illustration : “Axel gave 1 presentation.”  “Delphine gave 5 presentations.” “Seth did not give any presentations.” In Polish, the subject’s gender affects verb conjugation, a specificity that does not exist in English. This grammatical rule can be documented by linguists in the library. All future linguists can benefit from this library (a sort of overarching set of rules)

– l20n can only work for a finite number of languages.

– For localization, or l10n, the basic unit is a string. For l20n, the basic unit is an object. An object can be submitted to variations according to the specific language it is being translated into (ie an object can be a complement, a verb…). The semantic properties of a sentence are more rigorously taken into account.

You can find an example here (Seth’s blog. Not that Seth, this Seth).

For more information, you can visit Mozilla Wiki’s entry on the subject: https://wiki.mozilla.org/L20n and here (Jeremy Hiatt’s blog).

What could future developments look like?

– First, if the basic unit of l20n is an object, then it points towards the same direction as semantic web. In semantic web, content is readable by humans and machines alike. Then, one can imagine that localizers could be replaced in some instances by machines. It would be easier for machines to decipher a sentence properly, thus to translate it more accurately. Of course, localizers would still be needed to proofread the content. Hopefully it would be proofreading, not ‘fool-proofing’ (“let’s erase all this meaningless mumbo-jumbo and start from scratch, it’ll be easier.”)

– Then, companies may use the library/gallery in order to unify all of their copywriting guidelines. Brand consistency matters, even more so in a global context. Companies’ libraries, which would then be private, could include stylistic guidelines on top of grammatical guidelines, and share them more easily with their linguists.

L20n is still in development stage. It offers the possibility of taking the old dream of the semantic web one step further and to create more effective communication not only between persons speaking different languages, but mostly between humans and machines.


Cross-Cultural Slogans

Belgium is a trilingual country, with conflicting Wallonia and Flanders and a tiny German-speaking minority (too small to be in conflict with anyone).

Hence, Brussels’ train stations offer many examples of translations, as advertising and announcements have to be replicated in French, German and Dutch, and even in English on some occasions.

One instance struck me on one of my first visits.

It was an advertisement for a savings account in both Dutch and French, yielding a 4% interest rate. While the French one read a playful ‘A un de ces quatre !’, the Dutch version relished in its own simplicity and just boasted ‘Vier procent.’ (Four percent)

Here, punctuation was just as expressive – and deliberate – as the word choice: the French version chose to give an unexpected twist to a colloquial phrase, establishing a relationship of complicity with viewers – ‘A un de ces quatre’ is a way of saying goodbye, the equivalent of ‘See you round’, and ends on a dynamic exclamation mark. Furthermore, it implies that the benefit is guaranteed: see you next time, when you come to collect your four percent of profit.

The Dutch version, on the other way, does not even bother to tout the product. It merely informs viewers of the product’s strong point and its full stop seems to assert ‘Need we say more?’

Both versions are a fine instance of localization, i.e. adapting one’s message to a specific audience. I could not help but wonder how these differences would play for another audience, say the British market and the North American market. What kind of appeal would copywriters have to emphasise, which horn would they have to blow to entice viewers to get those four percent ?